Le retour de la Foire aux Croûtes

2005, GRAND RETOUR DE LA FOIRE AUX CROÛTES

par Jean-Manuel Gabert (photos Jacques Habas)

(Paru dans Paris-Montmartre n° 13-6O octobre 2005) 

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 Jean-Paul N’Guyen et les enfants de Montmartre.

 

 

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  Elyette Segard-Planchon (Au Rêve), Ludovic Lesage (Le Maquis), Eric Boldron et Nawel Sabri.

   C’est à l’initiative du peintre Honu (le nom d’artiste de Jean -Paul N’Guyen) et aux membres actifs de l’association Maquis’Art Montmartre, créée en juin 2004, dont le peintre-décorateur Eric Boldron, et la pharmacienne la plus passionnée, Nawel, que la Foire aux Croûtes a pu renaître de ses cendres à l’endroit même où elle était née en 1921, dans une version 2005, sans doute, mais bien enracinée dans l’esprit populaire et joyeux, artistique et loufoque des origines.Avec pour ce retour, des animations variées, une performance collective des artistes, et un concours de dessin ouvert aux enfants des écoles de Montmartre, sur le thème: « Dessine-moi ton Montmartre !» et des lectures de contes par Sylvie Loriquer de la librairie l’Attrape-Cœurs.

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Danièle Lebrun, (marraine de la Foire aux Croûtes), Eric Boldron,  Marcel Bluwal, Gérard Maro (directeur du Théâtre de l’Oeuvre et parrain de la Foire aux Croûtes), Elyette Segard-Planchon,  Nawel Sabri. 

 

  Associations, commerçant, riverains, écoles, artistes: tous ont répondu présent pour donner vie à ce beau projet bien arrosé par les champagnes Fleury, et il faut les en remercier.   Il s’agissait donc de faire revivre ce versant nord un peu oublié, un peu léthargique, et le pari est gagné… Voilà une association nouvelle, qui retrouve l’esprit authentique des grandes aînées , au temps de leur belle jeunesse.

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 La performance d’Exhal’Art.

 

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 Nagui, Nawel, Brice Moyse (Immopolis, partenaire de la Foire aux Croûtes), Danièle Lebrun, Laurence Goldgrab, Jean-Paul N’Guyen, Daniel Vaillant, Christophe Caresche, Brigitte Houdinière, Jean-Marc Tarrit.   

Le concours de dessin  « Dessine-moi ton Montmartre » avait été adressé à 7 écoles de Montmartre. C’est le CE2 de Mont-Cenis, sous l’impulsion de l’instituteur, M. Jacques Bachellerie qui a remporté le premier prix. Mais comme on aurait voulu les récompenser tous,   toutes les classes ont gagné des sorties culturelles offertes par le Musée de Montmartre, l’espace Dali, les cirques Bouglione et Moreno, les théâtres de l’Oeuvre et de Dix-heures, les Petits trains de Montmartre,, des animations performantes avec Eric Boldron et Clarence Gadda. Bravo à tous les « Maquis’arts »: le président Jean-Paul N’Guyen, Eric Boldron et Nawel Sabri, Alexandre Fauchon, et les autres pour cette belle idée bien réalisée.

 Jean-Manuel Gabert 

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  Toute l’équipe du jury du concours « Dessine-moi ton Montmartre! »

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2009: les  » Maquis’Arts » remettent ça!

 (Paru dans « Montmartre à la Une » n° 24 – 3e trimestre 2009)

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Alexandre Fauchon, Jean-Paul Nguyen (Honu), Eric Boldron

Ressuscitée en octobre 2005, cette initiative du peintre Honu – de son vrai nom Jean-Paul Nguyen – et de ses acolytes, le peintre-illustrateur Éric Boldron, et Alexandre Fauchon, trésorier de l’association Maquis’Art Montmartre aura été dans le secteur Lamarck-Caulaincourt, l’un des évènements les plus populaires de ces cinq dernières années qui, mis à part les non moins populaires vides-greniers de Montmartre à la Une était, jusqu’ici, en mal d’évènements. Pourquoi? Cette jolie place Constantin Pecqueur, au début du siècle dernier, fut pourtant le théâtre des plus belles et des plus folles initiatives qu’ait connu le vieux Montmartre… Vous nous manquez, Poulbot, Depaquit, Frédé, vos et vos compères qui animèrent si bien ce quartier-clé de la Butte!.. Celui du maquis, des vignes, du Lapin Agile, de la rue Saint-Vincent…

.. Sa statue d’Eugène Carrière, son petit jardin public, sa fontaine en pierre – un hommage à Steinlen qui habitait en face… Lorsque tout a commencé, en ce mois d’avril 1920, il n’y avait encore rien de tout cela , sauf Steinlen en personne, peut-être. La place Constantin Pecqueur, telle une ultime relique d’un maquis de Montmartre à l’agonie, n’était encore qu’un parterre de jeunes marronniers… Montmartre, malgré son rattachement à Paris en 1860, revendiquait encore et toujours son indépendance…

C‘est là qu’intervinrent trois joyeux drilles qui avaient décidé, dans cette atmosphère un peu rebelle, qu’était cette pénible période d’après-guerre, de mettre le feu aux poudres d‘une façon tout à fait farfelue. Avec la joyeuse complicité d’un peuple montmartrois, qui, de toute évidence, n’attendait que ça, ils eurent l‘idée de ce canular invraisemblable: proclamer la Commune Libre de Montmartre, désormais séparée de l’État!… Qui étaient ces trois lascars? Frédé du Lapin Agile, Maurice Hallé, poète et directeur du bi-mensuel La Vache Enragée et Jules Depaquit dessinateur humoriste. Le plus sérieusement du monde, ils organisèrent, place du Tertre, des élections pour le moins inattendues: on pouvait voter entre autres pour la liste Cubiste de Picasso, Max Jacob et Cocteau ou encore pour la liste Dadaïste de Tzara, Breton et Picabia. On ne reculait devant rien: il y eut même une liste Antimontmartroise!.. Finalement, c’est la liste des Antigratteciellistes de Poulbot, du Père Frédé et de Suzanne Valadon qui l’emporta le 11 avril 1920, confortant de ce fait Jules Depaquit, comme 1er maire de la Commune Libre de Montmartre! Dernier rescapé des authentiques bohêmes de cette époque, maître en dérision et en ironie, le tout agrémenté d’un joyeux cynisme, Depaquit se proclama dans la foulée:  » père, maire, et dictateur inamovible « …Vêtu de sa redingote, de son chapeau haut de forme, d’une écharpe rouge et verte, et les pieds chaussés de sabots, il présidait avec dignité et drôlerie, les cérémonies organisées sur le territoire… Ainsi, c’est au 4 de la place Constantin Pecqueur, devenu siège social de la Commune Libre, que furent lancées les festivités: d’abord l’élection d’une Muse de Montmartre, suivie de nominations d’officiels, parmi lesquels: un capitaine de pompiers, énorme et casqué nommé Bibendum, un débonnaire et familier garde-champêtre, que tous appelaient Mon Oncle, un amiral, puis tout un lot de hauts dignitaires tout aussi colorés…Arrivèrent les compétitions et défilés: le concours du fumeur, la traversée de la Butte à la nage, l’inauguration de la pompe à incendie, la courses des cousettes, la course de la plume et du pinceau, la fête des gosses, que présidait Poulbot, la Corrida de la Vache Enragée …

 Montmartre ne s’ennuya pas sous Depaquit!

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 C’est le 17 avril 1921 que fut inaugurée la première Foire aux Croûtes… Ce marché aux tableaux, rigolard et libertaire, ponctué des animations les plus extravagantes, se tenait en plein air. Peintres et dessinateurs exposaient leurs productions place Constantin-Pecqueur, avenue Junot et rue Caulaincourt. Les tableaux étaient présentés sur leurs chevalets ou accrochés à des cordes tendues d’un marronnier à l’autre, ou sinon, posés à même le sol au pied des arbres.… La Foire aux Croûtes permettait, disait le slogan:  » … à tous ceux qui veulent bien mais ne savent pas, de vendre directement  leurs œuvres à l’amateur venu musarder sur la place « . Elle attira tant de monde qu’elle allait bientôt être suivie d’ une deuxième édition, le 5 juin de la même année…Devant ce succès, on la réitéra tous les trois mois. Par la suite, elle se tint à cet endroit jusqu’à six ou sept fois par an.

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Montmartre 1921: la place Constantin Pecqueur (au fond, la rue Caulaincourt) pendant la Foire aux Croûtes.

 

C’est pendant l’une des Foires aux Croûte de 1924, que Georges Simenon alors « conteur » pour Le Matin écrivit son premier récit populaire Le roman d’une dactylo, assis à la terrasse du  » Rêve « . Simenon se flattait de l’avoir écrit en une longue matinée, en attendant sa femme, qui exposait, juste en face, sur la place Constantin Pecqueur. Le peintre Jean Hélion, voisin de  » stand  » de Régine Simenon, nous dit comment Georges venait de temps en temps défendre avec une  » belle verve « , devant les passants, les œuvres de son épouse.

 

La Foire aux Croûtes se tint, sur la place Constantin Pecqueur, jusqu’à 1928,avant qu’elle ne s’étale vers les autres rues de Montmartre pour enfin aboutir, jusque dans les années 50 sur le boulevard de Clichy. Depuis, des Foires aux Croûtes plus ou moins importantes n’ont cessé de fleurir un peu partout en province. En 2008, la 19e Foire aux Croûtes de Brest, rendait même un vibrant hommage à Jules Depaquit en lui consacrant l‘évènement…

 

A Montmartre, sur la place restée vide pendant des années, les derniers témoins de ces temps révolus, sont les marronniers, aujourd’hui centenaires…

 

85 ans après, en 2005, quand, à la manière des trois mousquetaires de la Commune Libre de 1920, les trois « Maquis’Arts  » arrivèrent sur la place Constantin Pecqueur, dans le but de faire revivre l’initiative de leurs prédécesseurs, on les regarda avec une méfiance mêlée d‘incrédulité… Même les institutions hésitèrent…

 

 

 

Mais le miracle se produisit, les Montmartrois du versant nord, pas si amnésiques que ça en fait, accueillirent l’événement avec une chaleur qu’on n’espérait plus. Associations, commerçants, riverains, écoles, artistes tous répondirent présent, heureux de redonner vie à leur quartier! Le 8 octobre 2005, à l’endroit exact où était née la Foire aux Croûtes de 1921, plus d’une centaine d’artistes: peintres, photographes, musiciens, comédiens, et autres saltimbanques étaient présents. La version 2005 arrivait dans les sonorités joyeuses et décoiffantes de la fanfare des Beaux-Arts, suivies de musique non-stop, et saluée par les officiels dont l’animateur Nagui et Daniel Vaillant, maire du 18e, – un enfant du pays – qui s’étaient, pour l’occasion, un instant éclipsés de la Fête des Vendanges toute proche…

 

De plus, cette Foire aux Croûtes se distinguait par une nouveauté non négligeable: les écoles de Montmartre, qui exposaient, pendant ce temps, dans le square. Les artistes en herbe amenant leurs parents, on n’avait jamais vu, de mémoire de Montmartrois, le parc accueillir autant de monde. Musique , clowns, jongleurs, performances d’artistes, animation, tout était là. La version 2005, se révélait, dans ses couleurs contemporaine, une digne héritière de ses aînées… Et les peintres travaillèrent! Même ceux qui ne firent pas de grosses affaires dirent, à la fin: « C’était une très belle fête! Il faut la refaire! « 

 

 

 

Riche année que 2005, pour cette partie de la Butte, puisque la même année étaient lancées, les premières « Puces de la rue Caulaincourt » par Montmartre à la Une… Et depuis, ça continue…

 

          Quand on demande aux Maquis’Arts : » Qu’est-ce qu’il y aura pour la Foire aux Croûtes 2009? Ils répondent: «  De la peinture, de la musique, des animations, de la couleur, de la bonne humeur… On ne change pas une formule qui gagne… Et de la découverte aussi… Car chaque Foire aux Croûtes se renouvelle à travers un public, des artistes, des amis nouveaux qui nous rejoignent et nous soutiennent… Quand on pense qu’au départ nous n’étions que trois!… »Et Jean-Paul Nguyen, président de l’association Maquis’Art Montmartre de préciser:  » … Mais nous restons fidèles à la démarche des premières Foires aux Croûtes: réaliser avant tout une belle fête de quartier en compagnie de nos amis artistes et riverains… »

 

Éric Chartier

 

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3 commentaires à “Le retour de la Foire aux Croûtes”


  1. dht soleil 22 jan 2008 à 16:51

    vous êtes un artiste et votre travail bien fini vous devrez vous faire connaitre a travers des photos de tous ce que vous réalisez.

  2. Poirot 6 nov 2008 à 11:53

    Chers amis,
    Je suis un jeune artiste du quartier.

    Je me permets de vous solliciter pour venir découvrir le spectacle « Salut mon vieux ! (Notre avenir en question,Poirot vous parle) tous les vendredis soir à l’ Atelier théâtre de Montmartre à 100 mètres du moulin rouge au 7 rue coustou 75018 Paris à 20h30.
    Mon personnage y relate son expérience en maison de retraite. Le but n’est pas la moquerie, mais le portrait d’un univers souvent caché, celui des établissements d’accueil pour personnes âgées, et de ceux qui y résident.
    L’idée est de chercher le comique de certaines situations avec tendresse et humanité, tout en faisant prendre conscience aux spectateurs de la dure réalité du quotidien de nos aînés en maison de retraite, ce qui semble être passé auprès du public.
    Je vous joins le dossier presse, c’est un texte de Laurent Guyot (Scénariste de André Téchiné) et sur une mise en scène de François Delaive.
    Vous trouverez quelques informations supplémentaires sur mon site Internet : http://www.david-poirot.org

    Dans l’espoir que vous ferez bon accueil à ma proposition, veuillez recevoir, mes meilleures salutations.
    David Poirot

    PS : auriez-vous la gentillesse de faire suivre l’information

  3. Jeux 13 mai 2009 à 22:24

    Très belle présentation. Bravo pour vos créations artistiques. Bonne continuation.

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